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Justice

02/07/2009 | 19:06 par Rédaction France 3 Ouest avec AFP

Queen Mary 2: prison pour 4 salariés

- Le 15 novembre 2003, une passerelle d'accès au paquebot Queen Mary 2 à Saint-Nazaire s'effondrait. -

Le 15 novembre 2003, une passerelle d'accès au paquebot Queen Mary 2 à Saint-Nazaire s'effondrait.

© France 3

De la prison avec sursis pour 4 salariés d'Endel et des Chantiers

La cour d'appel de Rennes a condamné jeudi à des peines de 18 à 24 mois de prison

avec sursis quatre salariés des Chantiers de l'Atlantique et de son sous-traitant

Endel, dans l'affaire de l'effondrement de la passerelle du Queen

Mary 2 qui avait fait seize morts en novembre 2003.

Le 15 novembre 2003, une passerelle d'accès au paquebot Queen Mary 2 à Saint-Nazaire s'effondrait, entraînant dans sa chute des visiteurs venus admirer le paquebot ainsi que des employés venus prendre  leur service. Bilan, 16 morts et 29 blessés.

 

Les avocats de la défense n'ont cessé de se renvoyer la responsabilité du drame. Ils ont plaidé la relaxe pour les huit personnes physiques prévenues, conformément au jugement rendu en 2008 en première instance.
Pour leurs avocats respectifs, le coordinateur d'ouvrage des Chantiers de l'Atlantique,
entre autres, n'était "qu'un maillon (...) totalement étranger à la définition des spécifications de la passerelle", et le coordinateur logistique des Chantiers a pour sa part "rempli sans faillir les missions qui étaient les siennes". Côté Endel, concepteur de la passerelle défectueuse, le coordinateur de travaux n'était "pas un homme-orchestre dont tout partait et vers qui tout revenait", et le chef de chantier, un "honnête homme", selon son défenseur, qui ne comprend "toujours pas ce qu'il fait là", n'ayant commis "aucune faute".
Contre sept des huit salariés des Chantiers de l'Atlantique, constructeurs du paquebot, et de la société Endel, l'avocat général a requis des peines allant de 12 à 30 mois avec sursis, estimant qu'aux Chantiers comme chez Endel, ils avaient "gravement failli à leurs responsabilités" dans le contrôle de la passerelle. Plus sévère que la peine infligée en première instance, le ministère public a requis contre les Chantiers et Endel (personnes morales) le maximum de l'amende prévue par la loi (225.000 euros), augmentée d'une contravention multipliée par le nombre d'infraction relevées (soit 82.500 euros), pour "blessures et homicides involontaires".
Après les plaidoiries de la défense, les représentants des personnes morales ont pris la parole, de même qu'un des prévenus. "Cette catastrophe, nous nous en sommes tous sentis responsables. C'est une tâche ineffaçable, un drame pour ceux qui travaillent aux Chantiers", a déclaré Bruno Gamby, représentant des Chantiers de l'Atlantique, qui appartenaient alors à Alsthom. "La personne morale que je représente a assumé, assume et assumera toutes ses responsabilités", a affirmé pour Endel (groupe Suez) son président. Thierry Franck de Preaumont. Pour sa part, Marc Furic, responsable hygiène et sécurité aux Chantiers, a déclaré, la voix voilée par l'émotion: "Dès le premier jour, j'ai prié pour les victimes et je prierai jusqu'à la fin de mes jours".

 
Le suivi du procès en vidéo
Voir tous nos reportages (ci-contre).

 
Le premier procès

Le premier procès avait eu lieu en octobre 2007, devant le tribunal correctionel de Saint-Nazaire. Le jugement, rendu à Saint-Nazaire en octobre 2008, condamnait, en tant que personnes morales,  les Chantiers de l'Atlantique et la sociétés Endel, constructeur de la passerelle.

Au terme de ce jugement, elles devaient payer 177500 euros d'amende et à verser 9,5 millions d'euros à une centaine de parties civiles.

L'appel avait été été interjeté à la fois par le parquet, les deux sociétés mises en cause et les parties civiles.

La Cour d'Appel de Rennes doit rejuger l'ensemble du dossier, notamment la relaxe des personnes physiques. Une nouvelle épreuve pour les familles de victimes regroupées en association, mais aussi  pour les prévenus, quatre cadres des Chantiers et quatre salariés d'Endel  poursuivis pour "homicides et blessures involontaires".

C'est un procès d'exception qui s'est ouvert ce lundi 23 mars 2009 à Rennes, avec comme à Saint-Nazaire des moyens importants mis en oeuvre pour faciliter le suivi des débats par le public.

Un écran géant a été installé dans la Grand'chambre du Parlement de Bretagne et un chapiteau a été dressé dans la cour pour accueillir les 150 parties civiles durant les pauses.

Le procès doit se dérouler sur deux semaines.

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Video

Notre reportage en vidéo (voir)

Reportage José Guédes et Thierry Poirier. (voir)

En direct de Rennes dans le 19/20 Pays de la Loire du 23/03. (voir)

Nouvelle bataille d'experts en décalage avec le ressenti des victimes. (voir)

- Etienne Rosenthal, avocat d'une des parties civiles -

Les précisions d'Etienne Rosenthal, avocat d'une des parties civiles. (voir)

"Il manquait des renforts de sécurité" sur la passerelle selon un nouveau témoin. (voir)

Reportage J. Guédes et S. Thomas. (voir)